Thursday, December 10, 1987

Les révisionnistes proposent un débat public


(à l'occasion du second colloque de la Sorbonne, décembre 1987)


A la mémoire de Martin Heidegger
et de Jean Beaufret, qui m'ont précédé
en révisionnisme.


Du 11 au 13 décembre 1987 se tiendront à la Sorbonne des journées d'étude sur : "La critique historique et méthodologique des écrits 'révisionnistes' sur la Seconde Guerre mondiale" [1].

Les révisionnistes ne seront pas admis à présenter leur défense.

Ils seront condamnés more sorbonico.

Au terme de cette grand-messe, l'université (Mme Ahrweiler) et le CNRS (Jacques Valade) fulmineront l'anathème contre l'impiété révisionniste. Le tout se fera sous la protection de la police et aux frais du contribuable.

Il y aura là Simone Veil, Alain Finkielkraut, Alfred Grosser et Claude Lanzmann. François Bédarida, François Furet, Léon Poliakov, Georges Wellers et Pierre Vidal-Naquet. Yehuda Bauer (Israël), Marlis Steinert (Suisse), Christopher Browning (USA), Michael Marrus (Canada), Hans Mommsen (Allemagne de l'Ouest), Kurt Patzold (Allemagne de l'Est) et quelques autres encore.

On y réfléchira sur "la politique nazie d'extermination". Désespérément, on cherchera un ordre de Hitler ou de quiconque d'exterminer les juifs. En vain. Puis, on se consolera en affirmant que, de toute façon, ordre ou pas, cela n'a pas d'importance. On ne trouvera pas non plus de "programme d'extermination" ; alors on parlera d'"engrenage" : c'est simple, l'extermination s'est faite toute seule, machinalement, sur des initiatives locales et par des improvisations individuelles. C'est ce que Raul Hilberg, grand prêtre de la religion de l'Holocauste, appelle : "an incredible meeting of minds [2]". Pas un instant on ne commencera par le commencement : Le crime spécifique (génocide ou extermination) a-t-il existé ? L'arme spécifique de ce crime (la chambre à gaz homicide) a-t-elle existé ? Existe-t-il une seule expertise de l'arme du crime établissant que tel local a bien été une chambre à gaz homicide? Existe-t-il un seul rapport d'autopsie prouvant un meurtre par gaz-poison ? D'où vient le chiffre de six millions de juifs morts du fait des Allemands ou de leurs alliés ? Existe-t-il un seul prétendu témoin qui ait subi l'épreuve du contre-interrogatoire sur la procédure même d'exécution par un gaz ? Une seule reconstitution d'un convoi de deux mille personnes arrivant à Birkenau et attendant que quinze fours crématoires les consument à raison d'une heure et demie par cadavre ?

Du 29 juin au 2 juillet 1982 s'était déjà tenu à la Sorbonne, sous la haute surveillance d'une organisation juive et de la police, un colloque international contre le révisionnisme. Annoncé à son de trompe, il devait, une fois pour toutes, faire taire les révisionnistes. Or, jamais peut-être un tel colloque n'allait connaître un tel fiasco. La conférence de presse sur laquelle il s'achevait révélait le total désarroi de Raymond Aron : il y avait eu de violentes disputes ; on n'avait pas pu, "malgré les recherches les plus érudites", trouver un ordre d'extermination ; quant aux chambres à gaz, on ne semblait pas en avoir parlé. Trois ans plus tard (!) paraissait un gros ouvrage se présentant de manière abusive comme le compte rendu de ce colloque : L'Allemagne nazie et le génocide juif, Gallimard/Le Seuil, 1985. Aucune preuve d'un ordre d'extermination n'y figure, ni aucune preuve de l'existence de chambres à gaz autres que de désinfection.

D'autres colloques allaient se tenir à l'étranger, avec le même résultat : à Stuttgart en mai 1984 et à Haifa en juin 1986.

Les historiens exterminationnistes ont sombré dans la métaphysique. Ils se partagent entre "intentionnalistes" et "fonctionnalistes". Les premiers posent en principe qu'il y a eu une intention d'exterminer et les autres que l'extermination s'est faite spontanément. C'est le sexe des anges, c'est la dent d'or, c'est la génération spontanée. Les Allemands excellent dans ce genre de fumisteries philosophiques.


Que disent les révisionnistes?


Les révisionnistes demandent une révision de l'histoire de la seconde guerre mondiale. Ils estiment que les vainqueurs ont beaucoup exagéré ou menti sur le compte des vaincus. Un exemple anodin parmi d'autres : la bataille du plateau de(s) Glières de mars 1944 est trop souvent présentée comme l'équivalent de la bataille de Bir Hakeim, elle-même décrite, ou peu s'en faut, comme le pendant de la bataille de Verdun ; selon l'historiographie officielle (Jean Rosenthal et Maurice Schumann), le nombre des Allemands tués par le maquis dans cette bataille aurait été de quatre cents ou quatre cent quarante-sept ; en réalité, il a probablement été de deux [3] !

Les juifs européens n'ont pas été exterminés ; c'est d'une telle évidence qu'aujourd'hui même les historiens exterminationnistes parlent, non pas d'une extermination des juifs, mais d'une tentative d'extermination des juifs.

Les révisionnistes pensent que Hitler a traité les juifs en ennemis déclarés, puis, à partir de septembre 1939, en représentants d'une minorité belligérante hostile. Comme toujours lorsqu'il y a une guerre, les civils, les femmes et les enfants paient durement leur tribut aux horreurs de la guerre (cela a été particulièrement le cas pour les Allemands). Hitler a voulu une "solution finale" du problème juif en Europe, et cela, par l'émigration si possible, par la déportation, si nécessaire. Pendant la guerre, il a envoyé un nombre important de juifs en camps de travail ou en camps de concentration. Pour l'après-guerre, il envisageait la création d'un foyer national juif à Madagascar ou ailleurs. "Beaucoup de juifs sont morts et beaucoup de juifs ont survécu". Que veut dire "beaucoup" dans ces deux cas ? C'est aux historiens de le déterminer en toute indépendance et quiétude. Les moyens de déterminer ces chiffres existent ; il faut s'en servir au lieu de les dérober aux chercheurs comme le fait le Service international de recherches situé à Arolsen (Allemagne de l'Ouest) mais relevant du Comité international de la Croix-Rouge à Genève. Le chiffre de six millions a été reconnu comme "symbolique" par Martin Broszat, directeur de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich [4]. Le vrai chiffre pourrait se situer aux environs d'un million de morts par tous faits de guerre. A ceux qui disent : "Quelle différence entre six millions et un million de morts ?", la réponse est : cinq millions ; cinq millions de personnes pour qui il y a donc eu la plus grande des différences possibles, celle qui sépare la vie de la mort. Et puis, il ne faut pas confondre mort et assassinat.

A la fin de la guerre, il survivait encore assez de juifs européens pour essaimer à travers le monde ainsi que pour fonder et peupler un Etat : celui d'Israël.

Au 31 décembre 1980, le nombre des personnes (victimes ou ayants cause) indemnisées par les contribuables allemands s'élevait "à 4.344.378, dont 40% vivant en Israël, 20% en RFA et 40% dans le reste du monde" [5]. Le Congrès juif mondial a soixante-dix représentations nationales.


Un sujet de réflexion pour les historiens :

les récentes révélations du document Müller

Le 27 octobre 1987, un ancien commandant autrichien, Emil Lachout, résidant à Vienne, révélait l'existence d'un document, daté du 1er octobre 1948 et signé par un commandant Müller, sujet autrichien, travaillant alors en collaboration avec la police militaire alliée, dans le cas présent en secteur russe et sous commandement russe (Trostkaserne de Vienne). Voici la traduction de ce document :


COPIE
Service de la Police Militaire

Vienne, 1.10.1948

10e expédition

Circulaire nº 31/48

1. Les commissions d'enquête alliées ont établi à ce jour qu'il n'y a pas eu d'êtres humains tués par gaz-poison dans les camps de concentration suivants : Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Flossenburg, Gross-Rosen, Mauthausen et ses camps annexes, Natzweiler, Neuengamme, Niederhagen (Wewelsburg), Ravensbrück, Sachsenhausen, Stutthof, Theresienstadt.

Dans ces cas, on a pu prouver qu'il y avait eu aveux extorqués et faux témoignages. Il y a lieu d'en tenir compte lors des enquêtes et auditions de criminels de guerre. Ce résultat d'enquête devra être porté à la connaissance des anciens détenus des camps de concentration qui lors d'auditions font des déclarations sur l'assassinat de personnes, en particulier de juifs, par gaz-poison dans ces camps. Au cas où ils persisteraient dans leurs dires, on les assignera pour faux témoignage.

2. Dans la circulaire 15/48, annuler le point 1.

Le Directeur du SPM :
Müller, Commandant

Pour copie conforme de l'expédition :


Lachout, Sous-Lieutenant


L.S. [Locus Sigillae = emplacement du cachet]


pcc
République d'Autriche
Bataillon de garde de Vienne [Signature]
Bureau du Commandant [...]

_____


Tribunal cantonal "Favorites"

1101 Vienne, Angeligasse 35 Vienne

27 oct. 1987

[ Signature]


Je soussigné atteste avoir, le 1er octobre 1948, en tant que membre du Service de la Police Militaire auprès du Quartier Général des Alliés, certifié conforme l'expédition de cette circulaire selon le paragraphe 18, al. 4, du code de droit administratif.

Vienne 27 octobre 1987

[ Signature]


Onze jours plus tôt, soit le 16 octobre 1987, Emil Lachout avait rédigé une autre attestation (signature attestée par le même tribunal cantonal de Vienne) ; il y déclarait en substance notamment ceci :

1. Dans de multiples cas, qui avaient fait l'objet de plaintes, on avait obtenu de soldats allemands, et en particulier de SS, des aveux qui, après enquête, se révélaient avoir été obtenus par torture ou par lavage de cerveau (appelé également menticide), quand ils n'étaient pas des faux (ou : des falsifications).

2. Les dires de nombreux détenus s'étaient révélés erronés ou peu dignes de foi parce qu'ils provenaient, par exemple, de criminels de droit commun se présentant comme persécutés politiques ou raciaux et inventant des récits d'atrocités pour n'avoir pas à purger le reste de leur peine ; ils pouvaient aussi provenir de ressortissants de pays de l'Est qui, ayant été dans des camps de travail et non dans des camps de concentration, craignaient d'être accusés de collaboration avec les Allemands.

3. Les autorités alliées, découvrant ces pratiques, avaient pris toute une série de mesures pour le contrôle des interrogatoires ; en particulier, elles avaient décidé de s'adjoindre les services de certains Autrichiens. Sous la direction du commandant Müller (probablement un ancien des Brigades internationales), des Autrichiens, dont Emil Lachout et des médecins de l'administration publique, avaient fait des enquêtes sur les cas de torture et autres. Les rapports d'usage étaient rédigés. Ils étaient traduits en anglais, français et russe et remis aux Alliés. Lors de la dissolution de ce Service de la police militaire en 1955, les dossiers en allemand avaient été transmis au chargé d'affaires du gouvernement fédéral autrichien (Chancellerie).

Questions à propos du document Müller

Si ce document est authentique, il pose de graves questions :

1. Pourquoi a-t-il fallu attendre 1987 pour que quelqu'un ait le courage d'en révéler l'existence ?

2. Pourquoi nous a-t-on caché — et avec tant de succès — l'existence de tels dossiers dans les archives américaines, britanniques, françaises, soviétiques, allemandes, autrichiennes ?

3. La vulgate exterminationniste prononce qu'il y a eu des gazages homicides dans les camps de Mauthausen (et son annexe de Gusen, sans compter le château de Hartheim), de Natzweiler-Struthof, de Neuengamme, de Ravensbrück, de Sachsenhausen-Oranienburg, de Stutthof-Danzig ; elle prétend posséder des preuves indiscutables et, en particulier, des aveux ; par exemple, c'est apparemment à cause de la chambre à gaz de Ravensbrück que Germaine Tillion, Anise Postel-Vinay, Marie-Jo Chombart de Lauwe ont pu constater l'exécution ou le suicide de trois des principaux responsables du camp : Suhren, Schwarzhuber et le Dr Treite. Pour Dachau, on ne prétend pas posséder de "preuves indiscutables". Tout cela peut se vérifier à la lecture d'un ouvrage rédigé par vingt-quatre auteurs dont trois participeront justement au colloque de la Sorbonne de 1987 : Willi Dressen, procureur à Ludwigsburg, Anise Postel-Vinay, licenciée ès lettres, et Georges Wellers, dont je ne parviens pas à savoir quels diplômes universitaires il possède et qui se prévaut du titre de "professeur de physiologie et de biochimie à la Sorbonne" : Les Chambres à gaz, secret d'Etat (en allemand NS-Massentötungen durch Giftgas) [6]. Comment concilier les affirmations, "les preuves, les témoignages, les aveux" de cette vulgate avec les révélations du document Müller ? Que penser des méthodes de travail de ces vingt-quatre auteurs ? Cet ouvrage est étrange : on nous y assomme de références mais il n'y a pour ainsi dire pas d'indication de sources ! Le titre semble signifier : "Lecteurs, ces chambres à gaz étaient le plus grand de tous les secrets possibles, le secret d'Etat ; aussi, ne vous attendez pas à trouver des preuves au sens ordinaire du mot mais plutôt des éléments de preuve à décoder selon une clé que nous vous livrons". C'est le système bien connu des adminicules : 1/4 de preuve + 1/4 de preuve + 1/2 preuve = 1 preuve ;

4. Restent bien sûr les cas d'Auschwitz-I, d'Auschwitz-II (ou Birkenau) et celui de trois petits camps : Treblinka, Sobibor et Belzec. Les Soviétiques et les Polonais sont, depuis la fin de la guerre, les propriétaires exclusifs et jaloux de l'emplacement de ces camps ; c'est surtout à eux que nous devons l'histoire officielle de ces prétendues usines d'extermination. Mais en quoi les preuves, les témoignages et les aveux dont nous sommes redevables à ces deux pays communistes auraient-ils plus de valeur que les preuves, les témoignages et les aveux que nous devons aux Américains, aux Britanniques et aux Français ? Je pose cette question depuis 1974 au moins, mais je ne parviens pas à obtenir de réponse.

5. Martin Broszat a, pour sa courte honte, publié en 1958 ce qu'il a osé nous présenter comme le journal authentique et sincère du commandant d'Auschwitz : Rudolf Höss. Soudain, en 1960, il a publié dans Die Zeit une courte lettre disant qu'il n'y avait pas eu de gazage homicide à Dachau ni, d'une façon générale, dans tous les camps de l'Ancien Reich (Allemagne dans ses frontières de 1937), ce qui revenait à dire qu'il n'y avait pas eu non plus de gazage à Neuengamme, à Ravensbrück ni à Sachsenhausen-Oranienburg [7]. Il n'a jamais consenti à révéler sur quelles enquêtes, sans doute longues et délicates, il fondait pareille affirmation. Il refusait de me faire savoir si, à son avis, il avait existé des gazages homicides à Natzweiler-Struthof (Alsace) ou à Mauthausen (Autriche). Il ne voulait pas répondre à des questions "orientées" sur "le problème compliqué des chambres à gaz" (zu dem komplizierten Problem der Gaskammern. Lettre du 23 août 1974). Le moment est venu de demander à Martin Broszat s'il n'avait pas tout simplement connaissance des rapports d'enquêtes dont parle le commandant Müller.

6. Ce document Müller n'apporte-t-il pas un supplément de crédit à une révélation faite en 1959 par Stephen Pinter? Après la guerre, cet avocat américain avait travaillé en Allemagne pendant dix-sept mois au service de l'US War Department. Il n'avait trouvé qu'un hebdomadaire tout à fait obscur pour confier que, dans la position où il s'était trouvé, il pouvait affirmer qu'il n'y avait jamais eu de chambre à gaz homicide en Allemagne et en Autriche et que, pour ce qui était d'Auschwitz, les Américains n'avaient pas pu y conduire une enquête parce que les Soviétiques ne l'avaient pas permis [8].

Autour des révisionnistes

Beaucoup d'esprits libres reconnaissent que les révisionnistes ont soulevé un véritable problème historique.

Dès la fin de la guerre, George Orwell, qui croyait pourtant à l'extermination des juifs polonais et allemands, estimait que la propagande est capable de tous les mensonges et il se demandait ce qu'il y avait de vrai dans ces histoires de chambres à gaz situées en Pologne [9].

En 1978, le célèbre historien allemand Helmut Diwald, professeur à l'université d'Erlangen, osait émettre de sérieux doutes sur l'histoire officielle d'Auschwitz. Son livre était retiré de la circulation et dans une édition remaniée, on transformait du tout au tout les trois pages litigieuses jusqu'à leur faire dire exactement le contraire de ce qu'avait écrit l'auteur [10]. Parmi les collègues qui allaient accabler H. Diwald se trouvait Alfred Grosser [11].

En 1979, Jean-Gabriel Cohn-Bendit écrivait : "Battons-nous donc pour qu'on détruise ces chambres à gaz qu'on montre aux touristes dans les camps où l'on sait maintenant qu'il n'y en eut point sous peine qu'on ne nous croie plus sur ce dont nous sommes sûrs [12]."

En 1986, Michel de Boüard, ancien déporté de Mauthausen, doyen honoraire de la faculté des lettres de Caen, membre du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale, membre de l'institut, déclarait :

Dans la monographie sur Mauthausen que j'ai donnée dans La Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale en 54, à deux reprises je parle d'une chambre à gaz. Le temps de la réflexion venu je me suis dit : où ai-je acquis la conviction qu'il y avait une chambre à gaz à Mauthausen ? Ce n'est pas pendant mon séjour au camp car ni moi ni personne ne soupçonnions qu'il pouvait y en avoir, c'est donc un bagage que j'ai reçu après la guerre, c'était admis. Puis j'ai remarqué que dans mon texte, alors que j'appuie la plupart de mes affirmations par des références, il n'y en avait pas concernant la chambre à gaz... [13].


Au journaliste lui disant :

Vous avez présidé l'Association des déportés du Calvados et vous en avez démissionné en mai 85 ; pourquoi ?

il répondait :

Je me trouvais déchiré entre ma conscience d'historien et les devoirs qu'elle me fait et l'appartenance à un groupe de camarades que j'aime profondément mais qui ne veulent pas reconnaître la nécessité de traiter ce fait historique qu'est la déportation selon les méthodes d'une saine Histoire.

Je suis hanté par la pensée que dans cent ans ou même cinquante les historiens s'interrogent sur cet aspect de la seconde guerre mondiale qu'est le système concentrationnaire et de ce qu'ils découvriront. Le dossier est pourri. Il y a, d'une part, énormément d'affabulations, d'inexactitudes, obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d'amalgames, de généralisations et, d'autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l'inanité de ces exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation, finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante [14].

En 1981, puis en 1986, Edgar Morin, tout en refusant nettement le point de vue révisionniste, écrivait néanmoins :

Les pièces du dossier critique faurissonien font ressortir les contradictions, invraisemblances, insuffisances de ceux qui ont témoigné sur l'activité exterminatrice de ces chambres à gaz, les difficultés ou impossibilités techniques et matérielles concernant tant les locaux que l'emploi du Zyklon B, l'absence de toute directive officielle nazie réglementant la chambre à gaz, l'absence même d'un texte hitlérien explicite précisant que la "solution finale" de la question juive n'est autre que la solution exterminatrice.

Et il ajoutait : "Il importe, à mon avis, de re-vérifier la chambre à gaz dans les camps nazis" [15]. En 1986, à propos de l'affaire de la thèse d'Henri Roques, il récidivait à la fois dans son opposition à la thèse révisionniste et dans sa conviction que les révisionnistes avaient des arguments, notamment de nature chimique, à étudier. Il déclarait :

Quand le ministre de l'Education nationale [Alain Devaquet, en fait ministre de l'Enseignement supérieure de de la Recherche] annule le titre universitaire conféré à Henri Roques, j'inclus cela dans le jugement d'autorité et d'intimidation. On se sert d'un critère formel — un vice dans la soutenance — pour liquider le problème. Par ailleurs, une pétition dénonciatrice signée de noms éminents n'apporte pas en elle-même de preuve suffisante [16].


L'argumentation et les découvertes révisionnistes

Ce n'est pas ici la place de rappeler, même succinctement, l'argumentation révisionniste. La bibliographie révisionniste est abondante, en France comme à l'étranger, mais il faut convenir que la diffusion en est difficile à cause de l'indigence des moyens financiers mis en œuvre et de la répression administrative, policière et judiciaire. Des organismes comme le Congrès juif mondial ou, en France, la LICRA de Jean Pierre-Bloch, se livrent à une véritable chasse aux sorcières. Des universitaires comme Pierre Vidal-Naquet, tout en faisant mine de réprouver cette politique, fomentent ces campagnes de haine et les exacerbent jusque devant les tribunaux. Pour eux, les révisionnistes sont des "assassins" d'autant plus méprisables que ces assassins-là s'en prennent à des morts. Le révisionnisme est dangereux pour ceux qui le pratiquent : François Duprat a été assassiné et Michel Caignet, vitriolé. Ditlieb Felderer a été jeté en prison. L'Institute for Historical Review (Los Angeles) a été détruit de fond en comble par un incendie criminel. Henri Roques a perdu son titre de docteur et Wilhelm Stäglich va perdre le sien. Les agressions physiques contre les livres et leurs auteurs ne se comptent plus. Les procès sont innombrables. Il y a les perquisitions, la confiscation de passeport, les mesures de contrôle par la police de l'air et des frontières, le refus de visa, la saisie de livres, de films, de cassettes (pas un seul intellectuel français n'a osé protester publiquement contre la saisie du premier numéro des Annales d'Histoire Révisionniste), la destruction par la police judiciaire du matériel d'impression et même, dans le cas d'Ernst Zündel au Canada, l'interdiction de recevoir ou d'envoyer du courrier (mesure rapportée au bout d'un an de lutte). Il y a la perte de l'emploi et du salaire, la saisie-arrêt sur salaire, la répression sur la femme ou les enfants, les atroces calomnies répandues à profusion par les médias (le 1er juillet 1987, la Fédération française des sociétés de journalistes, regroupant plus de deux mille journalistes et des sociétés comme TF 1, Antenne-2, FR 3, l'Agence France-Presse, Le Monde, Sud-Ouest, L'Equipe... en appelaient aux autorités judiciaires pour faire taire les révisionnistes "au nom du respect de l'information et des Droits de l'homme" [sic]). Le 10 octobre 1987, Albin Chalandon a fait voter à la sauvette un amendement anti-révisionniste à l'intérieur d'une loi contre la... toxicomanie. La commission Hannoun n'exclut pas la création d'une loi spécifique contre le révisionnisme.

Pour savoir ce que disent les révisionnistes, il faut les lire dans le texte. Leurs découvertes sont considérables. Les documents les plus importants qu'on ait publiés par exemple sur Auschwitz sont dus soit aux recherches révisionnistes elles-mêmes, soit aux exterminationnistes qui, poussés dans leurs retranchements, étaient contraints de publier des documents soigneusement cachés. Dans le seul domaine des photographies, j'ai été le premier — c'est un paradoxe — à publier les plans des crématoires d'Auschwitz, ces crématoires qui étaient censés contenir de fantastiques chambres à gaz homicides : en réalité de modestes dépositoires ou un abri anti-aérien! En 1979, la publication des photos aériennes d'Auschwitz prises par les Alliés de 1943 à 1945 portaient le coup de grâce à la légende de l'extermination. En 1983, la publication de l'Album d'Auschwitz confirmait en tout point qu'il y avait eu tromperie et montrait ce qu'avait été la réalité du camp (pour essayer de sauver la mise, les publicateurs forcés, Serge Klarsfeld et le pharmacien Jean-Claude Pressac, n'hésitaient pas à falsifier le plan de Birkenau et à... couper la route des douches pour faire croire que les femmes et les enfants se rendaient aux crématoires alors qu'ils se rendaient au grand "Sauna central" !). Car les révisionnistes qu'on s'acharne à dénoncer comme des négativistes font une œuvre positive : ils montrent ce qui s'est vraiment passé. Ils font l'histoire, dans tous les sens du mot. Ils ne sont pas vétilleux mais épris d'exactitude et même d'exactitude matérielle. Leurs arguments sont souvent d'ordre physique, chimique, topographique, architectural et documentaire. Ils n'appellent vérité que ce qui est vérifiable.

Le révisionnisme est la grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle. Sans le courage indomptable de Paul Rassinier, un ancien déporté qui parlait vrai, la France ne serait pas entrée dans cette aventure. Sans Pierre Guillaume et ses amis de la gauche libertaire, cette aventure n'aurait pas eu de suite après la disparition de Rassinier en 1967. Pierre Guillaume écrit, publie et diffuse avec des moyens dérisoires des ouvrages qui enlèvent le sommeil à la classe politique, aux lobbies de toutes sortes, à certains des puissants de ce monde et, pour finir, à des historiens de cour qui sentent la partie leur échapper. La religion de l'Holocauste repose sur un mensonge et cela commence à se savoir.

Le révisionnisme ne s'applique pas seulement à l'étude d'un passé récent. Il s'intéresse au présent. Il décrit une croyance largement répandue chez nos contemporains. Il démonte le mécanisme de cette croyance fallacieuse. Il démontre jour après jour et in vivo comment sont obligés de réagir ceux qui, se sentant menacés dans leurs tranquilles convictions et dans leurs intérêts, renient d'un seul coup le respect qu'ils professent par ailleurs pour la liberté d'opinion, pour les grands idéaux humanitaires, pour les droits imprescriptibles de la recherche scientifique.

Aujourd'hui, le révisionnisme ne peut que retenir l'attention du journaliste, de l'homme politique, du psychologue, du sociologue, de l'historien.

Les concessions grandissantes faites au révisionnisme

Il ne se passe plus d'années que les exterminationnistes ne soient contraints à faire des concessions aux révisionnistes.

Ce qui s'appelle "fonctionnalisme" est déjà une concession de taille. On ne croit plus guère à une "intention exterminatrice". Et pour cause! On ne trouve ni un ordre, ni un plan, ni un budget pour l'extermination des juifs. Pourtant, les documents laissés par les Allemands se comptent en milliards de feuillets pour les seuls deux organismes qui sont censés avoir présidé à cette prétendue extermination : le RSHA (Office central de sécurité du Reich) et le SS-WVHA (Office central de gestion économique SS, chargé notamment des camps de concentration). Hilberg a admis au procès de Toronto (voy. ci-dessus) qu'on ne trouvait trace ni d'un ordre, ni d'un plan, ni d'un budget.

C'est ainsi qu'on a fini par admettre que le procès-verbal de la conférence de Wannsee ne prévoyait nullement une extermination comme on nous l'avait tant de fois ressassé. De fait, il prévoit le contraire : une libération des juifs qui survivraient à la guerre et un renouveau juif après une terrible épreuve.

Dans Le Monde juif, Jean-Claude Pressac, patronné non sans quelque gêne par Georges Wellers, défendait la thèse suivante [17] : à examiner les plans des crématoires de Birkenau (révélés par R. Faurisson), il fallait bien admettre que rien dans la disposition des lieux ne permettait de conclure que ces bâtiments avaient été construits pour contenir des chambres à gaz homicides mais, s'empressait-il d'ajouter, vu les témoignages, il faut imaginer que les Allemands ont "bricolé" les lieux pour en faire des usines de mort !

Le 29 mai 1986, dans un entretien accordé à VSD (p. 37), Serge Klarsfeld admettait qu'on n'avait pas encore publié de "vraies preuves" de l'existence des chambres à gaz mais seulement "des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissoniens mais ne les avaient pas encore réduits au silence". Ainsi, de l'aveu même de ce justicier, on nous avait fait l'obligation de croire à ces chambres à gaz, sans aucune preuve publiée, même pas par Georges Wellers qui, en 1981, avait publié chez Gallimard un ouvrage intitulé : Les Chambres à gaz ont existé. Des documents, des témoignages, des chiffres, et même pas non plus par les vingt-quatre auteurs du salmigondis intitulé : Les Chambres à gaz, secret d'Etat et publié en 1984. Le journaliste Michel Folco s'avisait de l'affaire et consultait Wellers : déplorations de ce dernier qui connaissait l'entretien de S. Klarsfeld et grand remue-ménage au terme duquel ce dernier adressait le 23 mars 1987 à G. Wellers un démenti de l'entretien mais un démenti qui valait confirmation ! Au passage il écrivait :

Il est évident que dans les années qui ont suivi 1945 les aspects techniques des chambres à gaz ont été un sujet négligé parce que personne n'imaginait qu'un jour on aurait à prouver leur existence [18].

Effectivement les juges de Nuremberg ne s'étaient pas souciés de prouver l'existence de ces chambres à gaz ; les articles 19 et 21 du Statut étaient là pour les en dispenser :

Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves [...]. Le Tribunal tiendra pour acquis les faits de notoriété publique et ne demandera pas que la preuve en soit rapportée.

Le désarroi des exterminationnistes est riche d'enseignements. Le 23 mai 1986, au cours d'une émission d'Europe-1, Claude Lanzmann reprenait le ministre Michel Noir et lui faisait observer qu'il commettait une erreur en parlant d'une chambre à gaz à Mauthausen. Quatre mois plus tard, il venait à résipiscence et, dans une lettre du 29 septembre à Georges Wellers, il écrivait :

Contrairement à ce que j'ai paru déclarer sur l'antenne [...] il y a bien eu une chambre à gaz à Mauthausen [19].

Claude Lanzmann parle tant qu'il finit par se trahir et trahir les siens. Son film Shoah démontre, s'il en était besoin, qu'on ne possède pas la moindre preuve du moindre homicide d'un juif par le gaz. Les "témoignages" sont ou vides ou vagues ou totalement absurdes comme c'est en particulier le cas pour Abraham Bomba, le "coiffeur de Treblinka" [20]. C'est le cas pour les témoins allemands ; d'ailleurs, très tardivement, Claude Lanzmann a révélé sa filouterie. Il s'était inventé un nom : Claude-Marie Sorel, un titre : celui de docteur en histoire, un institut : le Centre de recherches et d'études pour l'histoire contemporaine, du papier à faux en-tête portant : "Académie de Paris" et, pour finir, il avait grassement payé ses témoins : trois mille deutschmarks par tête, soit environ dix mille francs [21]. Cet honnête homme participera au colloque de la Sorbonne organisé par Mme Ahrweiler, recteur de l'Académie de Paris, et il prendra place le dernier jour au symposium sur "Histoire et mémoire" présidé par Mme Simone Veil.

Beaucoup de concessions ont été faites aussi à propos de la qualité des témoins. Deux exemples suffiront : plus personne ne conteste que Martin Gray est un faux témoin et que Max Gallo a participé activement à la confection de son faux témoignage. (M. Gallo sait qu'il a été payé par un homme qui avait édifié une fortune en faisant fabriquer industriellement des meubles qu'il vendait aux Etats-Unis comme d'authentiques antiquités.) Quant à Elie Wiesel, voici comment le juge Pierre Vidal-Naquet, éclairé, il est vrai, par un texte révisionniste sur "Un grand faux témoin : Elie Wiesel" :

Par exemple, vous avez le rabbin Kahane, cet extrémiste juif, qui est moins dangereux qu'un homme comme Elie Wiesel, qui raconte n'importe quoi... Il suffit de lire certaine description de La Nuit pour savoir que certaines de ses descriptions ne sont pas exactes et qu'il finit par se transformer en marchand de Shoah... Eh bien lui aussi porte un tort, et un tort immense, à la vérité historique"[22].

Dans son dernier ouvrage, Les Assassins de la mémoire, Vidal-Naquet se voit contraint à toutes sortes de concessions : sur le caractère plus que suspect du témoignage attribué au SS Pery Broad [23] ; sur la valeur du "matériel engrangé à Nuremberg" [24] ; sur le fait que Simone Veil ait été comptabilisée sous le nom de Simone Jacob comme gazée [25] (ce qui a été aussi le cas d'Henri Krasucki et de sa mère, de Gilbert Salomon, dit aujourd'hui "le roi de la viande", et de quelques milliers d'autres juifs de France moins célèbres que ces personnages) ; sur la sacralisation du peuple juif grâce à Auschwitz et sur le profit qu'en tirent Israël et certains groupes juifs [26] ; sur le témoignage du SS Gerstein "bourré d'invraisemblances et de contradictions" [27] ; sur le chiffre des victimes d'Auschwitz : 4 millions d'après les Polonais, "autour de trois millions et demi" pour Lanzmann, mais un million pour Vidal-Naquet (personnellement, je croirais plutôt à cinquante à soixante mille morts mais aucune enquête n'a encore été vraiment faite). [Rectification de 1997 : Au vu des registres mortuaires (Sterbebücher), incomplets, le total des morts d'Auschwitz et de près de quarante sous-camps pourrait avoir été de cent cinquante mille. Quant au total des morts de tous les camps, il est encore impossible à déterminer.] Pour ce qui est des chambres à gaz imaginaires, la plus intéressante concession est celle qui porte sur Auschwitz-I : Vidal-Naquet ne croit plus à l'authenticité de la chambre à gaz de ce camp, pourtant visitée par des millions de touristes à qui elle est présentée comme authentique [28] !

P. Vidal-Naquet veut bien admettre que la cour de Paris a reconnu le sérieux de mon travail sur les chambres à gaz. Il écrit :

La répression judiciaire est une arme dangereuse et qui peut se retourner contre ceux qui la manient. Le procès intenté en 197[9] à Faurisson par diverses associations antiracistes a abouti à un arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 26 avril 1983, qui a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l'a, en somme, condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant ses thèses en slogans [29].

Il est de fait qu'en 1979 neuf associations, conduites par la LICRA, m'avaient assigné en justice pour dommage à autrui par falsification de l'histoire. La cour avait conclu que l'existence des chambres à gaz constituait un véritable problème historique malgré tous les témoignages. Elle se montrait sensible à l'argument de l'impossibilité chimique. Des documents sur le Zyklon B (qui est de l'acide cyanhydrique) et sur l'emploi de l'acide cyanhydrique dans les pénitenciers américains pour l'exécution des condamnés à mort avaient démontré cette impossibilité radicale dans le cas des prétendues chambres à gaz homicides d'Auschwitz et d'autres camps. Je note d'ailleurs qu'en neuf ans de controverse on n'a jamais tenté de me répondre sur le chapitre des chambres à gaz américaines. La cour avait estimé que j'avais une "démarche logique" et elle n'avait pas trouvé trace des défauts que mes adversaires avaient essayé de découvrir ; il n'y avait dans mon travail ni légèreté, ni négligence, ni ignorance délibérée, ni mensonge. La cour était allée jusqu'à en tirer une conclusion spectaculaire. Au vu de la qualité de mes recherches et nullement pour les besoins de la liberté d'expression, elle avait prononcé :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sur le chapitre des chambres à gaz] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

Et elle me condamnait là-dessus pour mes "slogans", ma dangerosité et autres motifs de même calibre.

L'inexorable essor du révisionnisme

Cet arrêt de la cour de Paris garantissait pour tout Français le droit de proclamer que les chambres à gaz homicides du iiie Reich n'avaient jamais existé. De 1983 à 1987, les médias ont dissimulé cette information, qui commence seulement à se faire jour.

Pourtant la répression s'aggrave. Plus le révisionnisme progresse et plus la situation des révisionnistes devient dangereuse.

En revanche, plus les exterminationnistes multiplient les livres, les films, les colloques et plus ils dévoilent la situation, tragique sur le plan intellectuel et moral, où ils se trouvent aujourd'hui. Plus ils en appellent à la police et à la justice et plus leur incapacité à répondre aux arguments révisionnistes est éclatante.

Cent fois les révisionnistes ont réclamé une confrontation au grand jour ct devant le grand public. Mais, en face, on a peur. Vidal-Naquet décrète :

On doit discuter sur les révisionnistes... On ne discute pas avec les révisionnistes [30].

C'est la politique de l'autruche. Pour prendre une comparaison avec le sport, Vidal-Naquet se juge infiniment plus fort au tennis que tel adversaire. Cet adversaire vient-il à lui proposer un match, Vidal-Naquet se ravise. Il veut bien jouer mais à condition de n'avoir aucun adversaire en face de lui. Et le public est prié de croire qu'il est le meilleur.

Autre comparaison : ce colloque de la Sorbonne est en fait destiné à prononcer la condamnation des révisionnistes mais in absentia rei. Imagine-t-on un colloque sur une association quelconque avec interdiction pour les membres de cette association d'y participer ?

On s'achemine vers des solutions absurdes. Sous la pression du Congrès juif Mondial, le gouvernement français risque de voter une loi à l'allemande interdisant la mise en doute du dogme de l'extermination des juifs. Il sera vivement recommandé de dire que le nombre des morts juives s'est élevé à 6 millions. On tolérera une croyance en 5 millions de morts seulement. A 4 millions, on aura de graves ennuis. A 3 millions, c'est la condamnation assurée avec la perte probable de son emploi public. A 2 millions, c'est l'exclusion certaine. A 1 million, c'est la radiation à vie, sans compter la prison.

Un Français aurait le droit le plus strict d'ignorer combien il est mort de catholiques, de protestants, de musulmans, d'animistes, de shintoïstes, d'agnostiques durant la dernière guerre mondiale, ou bien il pourrait publier là-dessus les chiffres les plus fantaisistes. Personne n'y trouverait à redire devant les tribunaux. Mais, s'il s'agit des juifs, l'affaire est toute différente. Pourquoi ?

Les juifs souhaitent-ils cela? J'en doute. Mais je ne doute pas que les organisations qui prétendent parler en leur nom soient prêtes à commettre cette ineptie après toutes celles que leur a inspirées la haine ou la peur du révisionnisme.

Les révisionnistes revendiquent simplement le droit au doute et à la recherche. Ils n'entendent pas respecter de dogme ou de tabou. Ils proposent un débat ouvert et public.

______


Le colloque "La politique nazie d'extermination" à l'intention duquel le texte ci-dessus avait été rédigé s'est effectivement tenu à la Sorbonne.

Les tentatives de filtrer l'assistance pour en exclure systématiquement les révisionnistes se sont heurtées à des protestations multiples, dont celle du Révérend Père Riquet qui exigea qu'un carton d'invitation fût remis au Professeur Faurisson, et au fait que le nombre des révisionnistes augmente et qu'ils ne sont pas tous identifiés.

Le colloque s'est donc tenu en présence d'une dizaine de révisionnistes dont le Professeur Faurisson, son éditeur, Pierre Guillaume, et Alain Guionnet, auteur des tracts signés "L'Aigle Noir", pour ne citer que les plus connus. Cette présence conduisit les organisateurs à supprimer tous les débats prévus avec l'assistance aux termes des exposés et à censurer systématiquement les questions écrites.

Alors que le colloque de 1982 avait vu le lancement de l'école "fonctionnaliste" comme contre-feu, et que des concessions essentielles avaient été faites à la critique révisionniste cependant que l'étude hâtive de quelques documents présentés par le pharmacien "historien" autodidacte Pressac permettait de maintenir la croyance en la réalité des "gazages" prétendument effectués dans les crématoires de Birkenau, le remake de 1987 n'a été qu'un soliloque désespérant, voué à la réaffirmation obsessionnelle des fondements métaphysiques de la croyance holocaustique, sans documents nouveaux, sans référence à la documentation et à la critique acquise, où chacun des conférenciers ânonnait son texte et décernait aux autres un brevet de scientificité réciproque, sans parvenir à ébranler l'ennui consterné d'une assistance clairsemée, pourtant composée à 90% de groupies et de fans de l'holocauste.

Au cours du colloque, Monsieur Ovadia Sofer, ambassadeur d'lsraël, Monseigneur Lustiger, archevêque de Paris, puis Madame Mitterrand, épouse du Président de la République, sont venus apporter par leur présence symbolique fort brève l'appui de l'officialité

Non seulement aucune réponse n'a été apportée à la critique révisionniste mais ce soliloque a vu une capitulation de l'Histoire et de ses règles critiques au profit de la prééminence de la "Mémoire" qui a été affirmée avec brutalité par Simone Veil et Claude Lanzmann.

10 décembre 1987


Notes

[1] Valeurs actuelles, 26 octobre 1987, p. 29.
[2] Newsday (Long Island, New York), 23 février 1983, p. II/3 : déclaration qu'il a confirmée au procès Zündel à Toronto le 17 janvier 1985.
[3] H. Amouroux, La Grande Histoire des Français sous l'Occupation, tome 7, p. 290-292.
[4] Procès contre Ervin Schönborn à Francfort, 50 Js 12 828/78 919 Ls, 3 mai 1979.
[5] Canadian Jewish News, 11 décembre 1981, p. 4.
[6] E. Kogon, H. Langbein, A. Rückerl et al., éd. de Minuit, 1984 ; voy. p. 222-255, 299-300.
[8] Our Sunday Visitor, Springfield, Illinois (Etats-Unis), 14 juin 1959, p. 15.
[9] The Collected Essays, "Notes on Nationalism", Penguin Books, 1968, p. 421.
[10] Geschichte der Deutschen, Propyläen Verlag, Berlin, 1978 pour la 1re éd. et 1979 pour la 2e : comparer les pages 163-165 dans les moutures successives.
[11] Le Monde, 5 juillet 1979, p. 3.
[12] Libération, 5 mars 1979, p. 4.
[14] Ibid.
[15] E. Morin, Pour sortir du XXe siècle, F. Nathan, 1981, p. 182-183, 192.
[16] L'Evénement du jeudi, "Histoire, méfie-toi du sacré!", 4 septembre 1986, p. 41.
[17] Le Monde juif, juil.-sept. 1982, p. 91-131.
[18] Le Monde juif, janv.-mars 1987, p. 1.
[19] Le Monde juif, juil.-sept. 1986, p. 97.
[20] Voy. "Ouvrez les yeux, cassez la télé !", 2e supplément du numéro 1 des Annales d'Histoire Révisionniste.
[21] VSD, 9 juillet 1987, p. 11.
[22] Zéro, avril 1978, p. 57.
[23] P. Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, p. 45.
[24] Id., p. 47.
[25] Id., p. 65.
[26] Id., p. 125, 130, 162, 214 (notes 90 et 93), 223 (note 90).
[27] Id., p. 154.
[28] Id., p. 131-132 et note 94 de la p. 214.
[29] Id., p. 182.
[30] Id., p. 10.

Monday, November 16, 1987

Lettre à René Rémond


Je prends connaissance de vos "propos recueillis par Aimé Savard et Joseph Limagne" tels qu'ils sont parus dans le magazine La Vie (livraison du 25 septembre 1987, p. 25-27).

Si vos propos ont été correctement rapportés, vous tenez les révisionnistes pour "des polémistes ou des pamphlétaires".

Puis-je me permettre de vous demander si vous me tenez pour tel? N'est-il qu'un polémiste ou un pamphlétaire l'homme que vous avez reçu le 23 novembre 1978 et admis de revoir le 11 décembre 1979 ?

Je vous rappelle que le 27 septembre 1978, c'est-à-dire avant notre première entrevue vous m'aviez écrit:

"Ne craignez rien, je relirai à l'avance l'ensemble des papiers que vous m'avez adressés."

Lors de cette entrevue, vous m'avez dit d'emblée que, pour les chambres à gaz, vous étiez prêt à me suivre, mais qu'il y avait... le génocide, si bien que pendant une heure nous avons discuté du génocide, principalement, et, accessoirement, de la rétention par le Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale, des statistiques de la déportation. Vous m'avez dit que vous croyiez au génocide mais que vous reconnaissiez ne pas en posséder de preuves scientifiques. Pour terminer, vous avez jugé que mon enquête était "factuelle" et qu'en conséquence je ne pouvais pas être poursuivi pour "apologie de crimes de guerre". Vous avez trouvé que je travaillais très sérieusement et que je savais analyser les textes.

Lors de notre seconde entrevue, vous avez été vivement frappé par les photos de la libération d'Auschwitz que je vous montrais à la visionneuse. Vous pensiez que ces femmes et ces enfants entraient dans le camp alors qu'ils en sortaient. Vous m'avez confirmé que je travaillais "BIEN". Vous m'avez confié que vous aviez refusé de signer la fameuse déclaration des trente-quatre historiens. Je vous ai rappelé le mot de "factuel" et vous m'avez dit que vous vous souveniez de l'avoir employé. Vous avez été étonné d'apprendre que j'étais poursuivi pour "dommage à autrui". Vous m'avez dit que vous n'aviez jamais vu cela. Je vous ai demandé de me venir en aide. Vous m'avez dit: "Pour le tribunal ?" Et comme je vous répondais "oui", vous m'avez dit que vous ne vouliez pas prendre de décision tout de suite et qu'il fallait que je vous écrive.

Je vous ai donc écrit les 19 février et 12 mars 1980. Je vous ai demandé de "lever le petit doigt". Vous ne l'avez pas fait.

Le 8 septembre 1980, je vous ai écrit à propos d'une déclaration que vous aviez faite sur le compte des révisionnistes le 5 septembre à l'émission "Le téléphone sonne..." (Claude Guillaumin). Vous ne m'avez pas répondu.

De 1980 à 1987, les révisionnistes ont accumulé les arguments et les documents en faveur de leur thèse. Pendant ce temps, ceux qui ne sont pas d'accord avec eux ont été contraints à des admissions de plus en plus surprenantes aux colloques de la Sorbonne (1982), de Stuttgart (1984) et, pour autant que je sache, au colloque de Haifa (1985). Au Canada, le procès de Toronto (affaire Zündel) s'est transformé en un procès en révision du procès de Nuremberg et ses résultats ont été spectaculaires (notamment la déroute de Raul Hilberg). Dans un entretien publié par VSD le 29 mai 1986 (p. 37), Serge Klarsfeld a admis qu'on n'avait pas encore publié de "vraies preuves" de l'existence des chambres à gaz mais seulement "des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissoniens". Son démenti publié en mars 1987 dans Le Monde Juif, à la suite d'une réaction de G. Wellers, vaut pleine et entière confirmation. Le livre Les Chambres à gaz, secret d'Etat est une naive compilation "où on nous assassine de références et où il n'y a pour ainsi dire pas de source" (Michel de Boüard dans une conversation que j'ai eue avec lui en présence d'Henri Roques). Sens de ce titre: "Ami lecteur, les chambres à gaz ayant été le plus grand des secrets possibles, le secret d'Etat, ne vous attendez pas à trouver des preuves !" Au dessous du titre, sur la page de couverture, figure une photo;: la photo d'une boîte de Zyklon, c'est-à-dire d'un puissant insecticide inventé en 1924 et en usage aujourd'hui dans le monde entier.

Le 13 septembre 1987, J.-M. Le Pen semble avoir émis des doutes sur l'existence de ces chambres à gaz. Le 15 septembre, on lui a répliqué à la télévision que, s'il n'avait pas vu de chambre à gaz, on allait lui en montrer. Jour après jour, depuis soixante jours, le téléspectateur français peut constater qu'aucune photo de chambre à gaz ne lui a été montrée, et surtout pas une photo des locaux présentés, à Auschwitz et ailleurs, à des foules de touristes comme étant des chambres à gaz. Pourquoi ?

Comment pouvez-vous cautionner de votre autorité ce qui apparaît, de façon de plus en plus manifeste, comme une invention de la propagande de guerre ? Et pourquoi traitez-vous si durement des auteurs ou historiens révisionnistes qui ont le courage d'affronter mille tempêtes pour affirmer, au terme de considérables recherches, quelques "petites choses exactes" ? Je suis votre collègue; pourquoi faites-vous chorus avec des gens qui m'accablent d'injures, d'insultes et d'invectives ? Vous ne vous conduisiez pas ainsi il y a quelques années. Pourquoi avez-vous changé ?

16 novembre 1987


Monday, November 9, 1987

Lettre à Mme Bergougnan, juge d’instruction à Auch


Madame le Juge, 

J’ai l’honneur et le regret de vous annoncer que je ne me rendrai pas à vos convocations. 

Si vous tenez à m’entendre, il ne vous restera, me semble-t-il, que deux solutions :

– ou bien vous me ferez venir à Auch entre deux gendarmes et je ne serai guère loquace, pour ne pas dire totalement muet ; 

– ou bien, par voie de commission rogatoire, vous demanderez à un magistrat de Vichy-Cusset de m’entendre sur les faits qui me sont reprochés.

Je refuse d’entreprendre, encore une fois à mes frais, un nouveau voyage et un séjour à Auch. 

Le 3 juillet, j’avais obtempéré à l’ordre de votre prédécesseur. J’ai eu tort. J’ai, en effet, perdu mon temps et mon argent pour, en définitive, rencontrer en la personne de M. Legname un juge d’instruction au comportement incorrect et manifestement hostile, sinon menaçant.

Vous m’êtes décrite comme une personne correcte et compréhensive. Mon avocat, MPierre Pécastaing, a insisté pour que j’accepte de vous voir. Je lui ai dit, et je vous confirme, qu’en dépit de vos qualités ma décision est irrévocable : si je devais à nouveau me rendre dans ce cabinet, ce ne serait que sous la contrainte.

M. Legname m’y a reçu comme un malfaiteur. D’un ton brutal et sans presque articuler ses mots tant le débit en était rapide, il m’avait fait savoir qu’en raison de deux articles publiés dans la première livraison des Annales d’histoire révisionniste, j’étais inculpé par ses soins et sur la demande du procureur (Robin) pour :

complicité d’apologie de crimes de guerre et de... (?) ;

la suite de ses paroles était inintelligible. 

Il m’inculpait, disait-il, « au nom des articles 23, 24... (?) » et, là encore, la suite de ses paroles était inintelligible. 

Je lui demandais donc de vouloir bien répéter ses propos, afin d’en prendre note. Il refusait. 

A force d’insistance, j’obtenais qu’il me répète –malheureusement sans rien changer au ton, à l’articulation et au débit – que j’étais inculpé de : 

complicité d’apologie de crimes de guerre et de propagation de fausses nouvelles.

En revanche, quand j’ai souhaité obtenir la liste complète des articles de loi, il m’a déclaré mot pour mot :

Cela ne vous regarde pas : c’est une question de droit. 

C’est seulement pour être revenu à la charge que j’ai obtenu qu’il me débite précipitamment et toujours sur le même ton la liste complète des articles en question. 

Je lui ai fait observer que mes ressources financières, déjà mises à mal par les procès que m’avaient intentés les organisations juives, antiracistes et commémoratives, ne me permettaient guère d’envisager de nouveaux déplacements à mes frais et je lui demandais s’il n’était pas possible de m’interroger à Vichy-Cusset par voie de commission rogatoire. Il me répliquait que sa « philosophie » ne le lui permettait pas. Il m’entretenait alors de sa « philosophie », un bien grand mot pour de pauvres idées. 

Je lui demandais de me convoquer, si possible, après la période des vacances, vu que je devais, pendant cette période-là, me rendre à l’étranger. Mais il ne voulait rien entendre : je serais, disait-il, convoqué précisément pendant les vacances. 

Je le priais de vouloir bien m’indiquer une date approximative. Il me répondait qu’il n’en était pas question. 

Je demandais enfin d’être, en tous les cas, convoqué dans un délai raisonnable. Là encore, il m’opposait un refus. 

Je lui faisais remarquer que sa convocation pour le vendredi 3 juillet à 14h30 ne m’était parvenue que deux jours auparavant : exactement le mardi 30 juin à 11h30, quand, dès mon retour d’un voyage, j’étais allé retirer son pli à la mairie de Vichy. Il me rétorquait que ce point ne l’intéressait pas. Ma femme, disait-il, avait été prévenue deux jours auparavant de l’existence d’un pli qu’elle n’avait, en fin de compte, pas accepté de recevoir. Je précise que ma femme ignorait qu’il s’agissait de la convocation d’un juge d’instruction. Désormais, ajoutait-il, tout courrier qu’il m’enverrait serait réputé reçu, je devais me le tenir pour dit. 

Aussi, pendant les deux mois de cet été, me suis-je trouvé immobilisé en France. Pendant deux mois, j‘ai attendu jour après jour un courrier de M. Legname. Je n’ai donc pas pu me rendre à l’étranger comme j’en avais fait la promesse à une personne qui serait prête à témoigner en ce sens. Ultérieurement, je devais apprendre que M. Legname n’était plus juge d’instruction : il avait été promu à la fonction de substitut du même procureur (Robin) qui avait demandé mon inculpation. 

J’apprenais aussi que vous lui succédiez et que vous alliez prendre connaissance de mon dossier. 

Me Pécastaing allait, par la suite, me téléphoner à plusieurs reprises pour savoir si j’avais reçu une convocation, et pour quand. Le jeudi 22 octobre, je découvrais dans ma boîte aux lettres un énigmatique papillon sans indication de provenance précise, sans date, sans cachet (« sceau ») me demandant de me présenter à un « Bureau 02 » le vendredi 23 à 8h30. Le motif de la convocation n’était pas indiqué. A tout hasard, j’ai téléphoné au commissariat de police de Vichy. On m’y a dit qu’il s’agissait pour moi d’aller retirer une « convocation de juge ». Je n’ai posé aucune question. J’ai exigé une convocation régulière. C’est ainsi que le fonctionnaire de police, sur instruction de son supérieur hiérarchique, m’a envoyé une nouvelle convocation, à peu près régulière, pour le lundi 26 à 8h30. Et c’est ainsi que, le lundi 26 octobre 1987 à 8h30, j’ai pris connaissance de votre convocation pour le même jour à 14h. Votre pièce était datée du 15 octobre. Vous voudrez bien, je vous prie, trouver ci-joint copie des deux papillons ; je vous signale qu’au recto figuraient mon nom et mon adresse, sans la moindre indication de provenance.

M. Legname me reproche deux articles des AHR : l’un ne fait qu’apporter une confirmation à la réalité des tortures que des bouvrils de la Sécurité militaire britannique avaient infligées à Rudolf Höss, le premier en date des commandants successifs d’Auschwitz et le seul dont on ait obtenu des aveux, d’ailleurs délirants, sur les prétendues chambres à gaz d’Auschwitz ; l’autre article porte sur le mythe bien connu du « savon juif ». En même temps que moi étaient inculpés mon éditeur Pierre Guillaume et Carlo Mattogno, citoyen italien résidant dans son pays et auteur d’une remarquable étude sur « le mythe de l’extermination des juifs » ; Carlo Mattogno, qui n’a que trente- cinq ans, est un chercheur d’une érudition exceptionnelle.

M. Legname, lui, de son propre aveu, ne savait absolument rien du révisionnisme historique. Il ignorait jusqu’à l’existence d’un mouvement de pensée qui remonte pour le moins au début des années vingt ! Un nombre croissant d’auteurs français ou étrangers ont su, par un nombre considérable d’écrits, prouver qu’après des conflits aussi abominables que les deux guerres mondiales, il faut sérieusement réviser ce que, dans le feu des passions et de la haine, on a pu inventer de faits et de chiffres. Tout récemment, du 9 au 11 octobre 1987, vient de se tenir à Los Angeles le huitième congrès international d’histoire révisionniste (de la seconde guerre mondiale essentiellement) sous l’égide de l’Institute for Historical Review, publicateur du Journal of Historical Review (vingt-huit livraisons trimestrielles à cette date).

Auch est une charmante petite ville où il est possible qu’on s’ennuie et dont je veux bien admettre avec M. Legname qu’elle est très isolée et, d’une certaine façon, coupée du monde. Admettons que la presse locale y vive à quelques années-lumière de Paris et que le révisionnisme, qui est peut-être « la grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle », n’ait pas frappé les imaginations locales. Mais un juge d’instruction, si jeune soit-il, ne devrait-il pas avoir à cœur de s’informer de ce qui se passe dans le monde ?

Il y a plus grave. 

M. Legname ne s’est pas préoccupé de savoir quelle était la jurisprudence en matière de révisionnisme. Grâce à une notule des petits livres rouges de la librairie Dalloz, peut-être avait-il une idée de l’affaire Maurice Bardèche. Voilà un professeur que des magistrats français ont envoyé pour onze mois fermes en prison parce qu’il avait dit, sur le procès de Nuremberg – ou, plutôt, la mascarade de Nuremberg – quelques vérités bien senties que personne parmi les historiens ne peut plus contester aujourd’hui. Mais M. Legname, qui avait décidé de nous entendre à titre d’inculpés, ignorait tout des affaires Faurisson, des affaires Roques et de quelques autres affaires comme la condamnation, obtenue par moi, du Recueil Dalloz-Sirey pour reproduction manipulée d’un jugement me concernant.

A l’en croire, M. Legname voulait savoir si les révisionnistes étaient, selon ses propres termes, « des charlatans ou des précurseurs ». Il lui échappe qu’ils pourraient n’être ni l’un ni l’autre mais peut-être les continuateurs d’une tradition historique qu’on fait habituellement remonter à Thucydide.

Pour assouvir sa soudaine curiosité, il a trouvé expédient de convoquer à Auch, en son cabinet, trois révisionnistes qu’il a inculpés. Il serait content que l’un d’eux veuille bien lui rédiger un mémoire sur « toute la question » du révisionnisme. Pour ma part, c’est une faveur que je ne ferai pas à M. Legname ou à tout autre juge d’instruction dans l’exercice de sa fonction. J’ai d’autres soucis que de mâcher ainsi sa besogne au premier venu. Je suis assailli de lettres, d’appels téléphoniques et de demandes de visites, sans parler d’aimables invitations à me rendre soit en France, soit à l’étranger. Beaucoup de ces importuns, au demeurant fort civils, voudraient s’épargner la peine de lire nos ouvrages, lesquels, j’en conviens, sont souvent austères. Il arrive qu’à l’intention de ces paresseux je rédige de courts exposés sur le révisionnisme, mais encore faut-il me demander ces résumés de manière correcte et sans me mettre d’emblée dans la position d’un coupable.

En matière de jurisprudence, je me contenterai de rappeler ici un arrêt d’une importance historique : l’arrêt rendu par la cour de Paris (1re chambre civile, section A), en date du 26 avril 1983 dans l’affaire LICRA (et tous autres) contre M. Faurisson (et tous autres). Le recueil Dalloz-Sirey s’est bien gardé de reproduire cet arrêt qui infligeait un cruel démenti à ses assertions sur mon compte à propos du jugement antérieur à cet arrêt. Ledit arrêt est aujourd’hui connu de toutes les instances judiciaires du monde occidental qui, sur la plainte d’associations juives, ont eu à traiter du révisionnisme historique. Je lui ai moi-même consacré un opuscule intitulé Épilogue judiciaire de l’affaire Faurisson et publié en 1983 aux éditions de La Vieille Taupe sous le nom de plume de J. Aitken (il s’agit du prénom et du nom de ma mère, Écossaise née à Edimbourg).

En 1979, neuf associations, menées par la LICRA, avaient porté plainte contre moi en raison d’un article et d’un texte en droit de réponse que j’avais publiés dans le journal Le Monde. Elles m’accusaient de dommage à autrui par falsification de l’histoire. Pendant un bref instant, elles avaient envisagé une accusation d’apologie de crimes de guerre mais leurs avocats leur avaient fait valoir qu’une contestation (celle d’un crime : l’extermination des juifs et celle de l’arme spécifique de ce crime : la chambre à gaz homicide) n’est pas une apologie. Solliciter la révision du jugement de Nuremberg, ce n’est pas faire l’apologie des pendus de Nuremberg. Souhaiter la révision du procès d’un homme condamné pour assassinat, ce n’est pas prôner l’assassinat. Exiger, comme l’avait fait Zola, la révision du procès de Dreyfus, ce n’était pas se lancer dans l’apologie de la trahison. Ces associations avaient également envisagé contre moi l’accusation de diffamation raciale ou d’incitation à la haine raciale mais leurs avocats leur avaient conseillé de tenir cette arme en réserve pour une cause plus appropriée.

En 1981, le TGI de Paris balayait d’un revers de main l’accusation de falsification de l’histoire ; toutefois, en termes alambiqués, il me condamnait pour une légèreté non démontrée et pour ma dangerosité. La presse et le Recueil Dalloz-Sirey menaient alors grand tapage autour de ma condamnation. On lançait la rumeur selon laquelle j’avais même été condamné pour falsification de l’histoire. Le journal Le Monde et le Recueil Dalloz-Sirey, chacun à sa façon et sans se donner le mot (je suis peu porté à croire en la matière aux complots et aux conjurations) allaient jusqu’à falsifier le contenu du jugement.

En 1983, dans l’arrêt susmentionné, la cour de Paris, peut-être à contre-cœur, m’accordait une éclatante revanche. Tout en confirmant ma condamnation pour dangerosité, elle rendait hommage à la qualité de mes travaux sur les prétendues chambres à gaz homicides. Elle en tirait une conclusion pratique (que les médias allaient soigneusement cacher) : en raison directe du caractère apparemment impeccable de mes travaux, la cour prononçait :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sur le problème historique des chambres à gaz] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

J’appelle votre attention sur ce « donc » . Si le 26 avril 1983 la cour a décidé de garantir à tout Français le droit de dire éventuellement que ces chambres à gaz sont un mythe, ce n’est pas au nom des nécessités de la liberté d’opinion mais en raison directe des moyens scientifiques par lesquels je suis, avec bien d’autres d’ailleurs, parvenu à cette conclusion. Dans cet arrêt, la cour avait commencé par admettre qu’il existait bel et bien un problème des chambres à gaz. Elle parlait, en propres termes, d’un « problème historique ». Elle définissait ce problème comme portant sur

l’existence des chambres à gaz qui, à en croire de multiples témoignages, auraient été utilisées durant la seconde guerre mondiale [à des fins homicides].

La cour discernait que, pour moi, l’existence de ces chambres à gaz se heurtait

à une impossibilité absolue, qui suffirait à elle seule à invalider tous les témoignages existants ou à tout le moins à les frapper de suspicion.

C’était là, je pense, une allusion à l’impossibilité chimique de ces prétendues chambres à gaz. Il faut cependant savoir que nos arguments ne sont pas seulement d’ordre chimique mais aussi d’ordre physique, topographique, architectural et documentaire. Les menteurs ont joué de malchance : sous quelque angle qu’on examine leur magique chambre à gaz, à Auschwitz ou ailleurs, elle ne tient tout simplement pas debout.

La cour me trouvait une « démarche logique ». Elle ne découvrait aucune trace de « légèreté », de « négligence », d’« ignorance délibérée » ou de « mensonge ». 

Je suggère qu’on s’arrête un instant sur ces mots. Combien d’hommes ou de femmes peuvent-ils prétendre que, des années durant, dans une sphère d’activité quelconque, ils n’ont apparemment fait preuve ni de légèreté, ni de négligence, ni d’ignorance délibérée ni de mensonge ? Ajoutons à cela que mes accusateurs formaient un ensemble particulièrement nombreux, puissant, riche et influent. Ils avaient passé au crible mes articles et mes livres. Ils avaient envoyé en Pologne et en Israël maître Robert Badinter et l’un de ses confrères (Me Marc Lévy?) afin d’y quêter une preuve, une seule preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide. Mes adversaires avaient alerté les instituts et les centres de recherches du monde entier et, en particulier, d’Allemagne et des États-Unis. En pure perte.

Je ne possédais, de mon côté, pas un sou. 

Mais le chiendent est que j’avais dit une petite chose exacte. Cette chose, je la répéterai jusqu’à la fin de mes jours. En dépit des menaces de la LICRA, pour laquelle « Faurisson ne fera pas de vieux os », je répéterai que les prétendues chambres à gaz hitlériennes sont une invention de la propagande de guerre et un vertigineux mensonge, tout juste propre à entretenir la haine. 

Si, par ce même arrêt du 26 avril 1983, j’étais condamné pour dommage à autrui, c’était pour d’autres motifs que celui de mes conclusions sur les chambres à gaz. La cour prononçait, en effet, que par la suite j’étais « délibérément sorti du domaine de la recherche historique » pour tenter de justifier des assertions d’ordre général qui – la formule vaut d’ être notée ne présentaient « plus aucun caractère scientifique ». Ces mots, soit dit en passant, prouvent que mes travaux sur les chambres à gaz relevaient du domaine de « la recherche historique » et présentaient « un caractère scientifique ».

La cour me reprochait d’avoir tiré un certain nombre de conclusions polémiques ou dangereuses pour autrui sans avoir
« jamais su trouver un mot pour marquer [m]on respect aux victimes » ce qui était une erreur puisque, aussi bien, j’avais su trouver un mot pour cela : celui de... « respect » précisément. 

La cour se demandait si, aux yeux de certains, je ne pouvais pas faire œuvre d’une tentative de réhabilitation du nazisme ; de ce point de vue, je lui paraissais peut-être « suspect d’être suspect ».

Que ces magistrats aient été hostiles à mes thèses, c’est probable pour qui analyse le texte de leur décision ; mais ce qui est tout à fait sûr, c’est qu’avec une clarté et une netteté de style qui tranchent sur le reste de l’arrêt ils ont rendu hommage au sérieux de mes travaux sur les chambres à gaz, c’est-à-dire sur le problème qui est au centre des recherches actuelles du révisionnisme historique car, dans la religion de l’Holocauste, tout tourne autour de ce pilier central.

Les associations juives ont été atterrées par l’arrêt du 26 avril 1983. Elles ont mis en branle tous les moyens possibles pour en masquer le sens et la portée. Le journal Le Monde a délibérément tronqué le texte de cet arrêt quand il a bien fallu en rendre compte. La LICRA l’a falsifié dans Historia. Tous les journaux qui à grand fracas titraient, jusque-là, sur « Faurisson faussaire » devenaient soudain muets. Lentement mais sûrement, dans les années suivantes, on allait, sans vergogne, insinuer puis écrire en toutes lettres que j’avais été condamné pour falsification de l’histoire. Je portais plainte. Les tribunaux répondaient que traiter Faurisson de faussaire c’était le diffamer, mais... de bonne foi.

Il m’a fallu attendre plus de quatre ans pour qu’un historien d’origine juive comme Pierre Vidal-Naquet et un polygraphe d’origine juive comme Georges Wellers, tous deux vibrant de haine antirévisionniste, en viennent à admettre, sur un ton plaintif, que la cour d’appel avait reconnu le sérieux de mon travail.

Voici leurs déclarations respectives en juin et en septembre 1987 : 

[Faurisson] a été jugé deux fois. Mais en France le tribunal n’est pas qualifié pour se prononcer sur l’existence des chambres à gaz. Cependant il peut se prononcer sur la façon dont les choses sont présentées. En appel, la cour a reconnu qu’il s’est bien documenté. Ce qui est faux. C’est étonnant que la cour ait marché [1]

Le procès intenté en 197[9] à Faurisson par diverses associations antiracistes a abouti à un arrêt de la cour d’appel de Paris en date du 26 avril 1983, qui a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l’a, en somme, condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant ses thèses en slogans [2]

Dans ces derniers mois, il a été question de créer en France une loi antirévisionniste (« lex Faurissonia »). M. Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, s’y est déclaré favorable (Europe n° 1 « Club de la Presse », 20 septembre 1987, 19h15). Dès le lendemain de cette déclaration, Europe n° 1 diffusait ma réponse : si une telle loi devait passer, je déclarerais publiquement que ces chambres à gaz homicides n’ont jamais existé et, si un tribunal me condamnait pour cela à une peine de prison avec sursis, je réitérerais dans l’heure ma déclaration pour contraindre les magistrats à prendre leurs responsabilités et à envoyer en prison un professeur d’université en raison de ses idées. Quelques jours plus tard, s’affirmaient hostiles à une telle loi : Albin Chalandon, ministre de la Justice, et Claude Malhuret, secrétaire d’État aux droits de l’homme [3], ainsi que Simone Veil et Joseph Rovan [4], sans compter Philippe Boucher [5] et surtout Théo Klein, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et du Congrès juif européen (CJE), lequel estimait :

On ne peut édicter des vérités historiques par voie législative ou réglementaire [6].

Dans l’article précité du Figaro, le ministre de la Justice arguait de son attachement personnel à la liberté d’expression mais, en même temps, il glissait sur le compte des tribunaux une phrase qui aurait dû donner l’éveil. Il pensait que ceux-ci :

ont tendance à interpréter la terminologie de la loi [antiraciste] de manière trop restrictive.

M. Chalandon préparait un coup bas contre les juges de France – « ses » juges – et contre la justice. Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1987, devant une Assemblée nationale largement dépeuplée, il insérait dans une loi destinée à combattre la toxicomanie deux amendements scélérats contre les écrits révisionnistes. Ces amendements, qui n’avaient pas été soumis à la Commission des lois, permettent à M. Chalandon de dessaisir d’avance « ses » juges du droit de se prononcer sur ces écrits et instituent une censure préalable laissée à la discrétion du ministre de l’Intérieur. M. Chalandon est donc tellement soucieux de la liberté qu’il préfère en confier la protection aux policiers plutôt qu’aux juges.

Rendant compte de cette forme originale d’outrage à magistrat, Robert Schneider écrivait dans le Nouvel Observateur :

[Le 10 octobre] à 0h45, Albin Chalandon introduit deux amendements dans la loi sur la répression de la drogue qui, contrairement aux usages, n’avaient jamais été envoyés, ni au Sénat, ni en commission. « A la lutte contre l’incitation à l’usage, à la détention et au trafic de stupéfiants, le gouvernement a ajouté la lutte contre la discrimination et la haine raciale », déclare le ministre. C’est la fameuse loi condamnant le révisionnisme annoncée par le gouvernement qui apparaît sous cette forme détournée [7]

Cette loi n’est pas encore promulguée. Quand elle le sera, nous aviserons. En attendant, elle constitue la preuve que, dans l’arsenal des lois existantes, rien n’est propre à combattre le révisionnisme. Ce qui existe jusqu’à nouvel ordre, c’est l’arrêt du 26 avril 1983.

Personnellement, je ne collaborerai ni avec la police ni avec la justice dans la répression du révisionnisme. « La grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle » vaut peut-être que pour elle on soit assassiné comme François Duprat, vitriolé comme Michel Caignet, roué de coups comme je l’ai parfois été (et encore, récemment, neuf jours après ma convocation par M. Legname), chassé de son emploi comme tant d’entre nous, dépossédé de ses titres ou grades universitaires comme Wilhelm Stäglich et Henri Roques, attaqué ignominieusement dans la vie de sa femme ou de ses enfants, couvert de boue, de crachats ou d’insultes, accablé d’amendes et de dommages-intérêts, perquisitionné, ruiné, et même, comme le Suédois Ditlieb Felderer, jeté en prison.

Vous prendrez donc, Madame, vos responsabilités personnelles comme je prends les miennes. 

Si vous êtes personnellement intéressée par le problème de fond qui me vaut cette outrageante inculpation, je me permets de vous soumettre deux sujets de réflexion :

1) A supposer que les chambres à gaz hitlériennes n’aient pas existé, faut-il le dire ou le cacher ? 

2) Si elles n’ont pas existé, n’est-ce pas là, par hasard, une bonne nouvelle, à accueillir comme telle ?

Je suis convaincu, pour ma part, de propager une nouvelle qui est exacte et de ne faire l’apologie que de la justice. Ma conduite s’inspire de cette tranquille conviction et je n’en dérogerai pas. 

9 novembre 1987

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[Publié dans les AHR n° 3, automne-hiver 1987, p. 189-201.]


Notes

[1] Georges Wellers, directeur du Monde juif, revue du CDJC, Le Droit de Vivre, juin-juillet 1987, p. 13.
[2] P. Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987, p. 182. 
[3] Le Figaro, 24 septembre 1987, p. 42. 
[4] L’Express, 25 septembre 1987, p. 23 et 26. 
[5] Le Monde, 27 septembre 1987, p. 8.
[6] Le Monde, 30 septembre 1987, p. 2.
[7] Le Nouvel Observateur, 16 au 22 octobre 1987, p. 41.